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Il y a beaucoup d’information concernant l’identification des TA en mathématiques, mais les stratégies et les idées pour intervenir sur ces troubles sont limitées. Quelles stratégies sont avantageuses?

Répondue par Nathalie Paquet-Bélanger

Tout d’abord, il est important de rappeler qu’un même trouble, par exemple la dyscalculie, peut se manifester de différentes façons et qu’il n’existe aucune solution universelle pour le corriger. L’analyse de plusieurs productions de l’élève et une entrevue métacognitive avec celui-ci devraient précéder toutes démarches rééducatives.

Voici toutefois quelques principes gagnants pour intervenir auprès d’élèves ayant des difficultés importantes en mathématiques.

Conseil numéro 1 : Réduire l’angoisse des maths

Les élèves ayant un TA en mathématiques développent souvent une image de soi faible et de l’anxiété face à cette discipline. Par de petites actions, les professionnels de l’enseignement peuvent grandement contribuer à un climat d’apprentissage plus calme.

Par exemple, éviter les tests-surprises, ne pas afficher les notes des élèves, faire une place à l’erreur, développer une relation de confiance avec les élèves.  De plus, le modelage de l’utilisation de formules d’affirmation positives (« avance une étape à la fois », « je peux me calmer ») aide à diminuer l’angoisse des maths chez les élèves ayant des TA.

Pour en savoir plus, cliquez ici afin d’écouter L’estime de soi chez les élèves ayant un TA.

Pour en savoir plus, cliquez ici pour afin de consulter l’article L’heuristique mathématique et la résolution de problèmes.

Conseil numéro 2 : Diminuer les obstacles liés à la langue

Certains élèves auront systématiquement de la difficulté lorsque le problème est sous forme d’énoncés. Les professionnels de l’enseignement peuvent leur venir en aide de plusieurs façons. Ils peuvent s’assurer de la compréhension du vocabulaire complexe (par exemple, lucarne, tremplin ou  révolution) ou prévoir des illustrations. Ils peuvent enseigner de façon systématique les termes liés aux diverses opérations (ajouter, somme, retirer, de moins, séparer, etc.) ou expressions synonymiques (surface, aire, plancher, couverture, etc.).

L’utilisation de la synthèse vocale ou la lecture à haute voix par un adulte peut également favoriser la compréhension des élèves ayant des TA.

Conseil numéro 3 : Varier les modes de représentation

Un élève ayant une dyscalculie peut avoir des difficultés persistantes au niveau de la compréhension des relations visuo-spatiales. Les professionnels de l’enseignement ont avantage à proposer plusieurs modes de représentation à l’élève. Donner des exemples oralement est rarement suffisant pour créer de bonnes images mentales. Si l’élève manipule des objets, il développera petit à petit une meilleure représentation. Par exemple, pour la géométrie, utiliser des solides en trois dimensions, se construire différentes figures planes en carton. Manipuler des billes, des blocs, des pailles ou du matériel dédié à l’apprentissage des fractions demeure facilitant en arithmétique.

De plus, pour certains élèves ayant un TA en mathématiques, l’apprentissage par cœur de faits mathématiques demeure extrêmement fastidieux. Permettre l’utilisation des tables, et éventuellement de la calculatrice, constitue un bon moyen de diminuer la charge cognitive des élèves et de leur donner l’occasion de réaliser d’autres apprentissages. Finalement, l’élève devrait pouvoir bénéficier d’une mise en page aérée, de papier quadrillé ou de feuilles ayant des repères visuels (temps ou espace) afin de pouvoir schématiser les situations.

Pour un exemple d’activité de manipulation, cliquez ici afin de consulter Je calcule jusqu’à 99.

Pour en savoir plus, cliquez ici afin de consulter Les représentations visuelles en mathématiques.

Conseil numéro 4 : S’assurer de fournir des rétroactions rapides

Durant le processus d’apprentissage, l’élève mobilise plusieurs savoirs et processus. Toutefois, si la rétroaction tarde, il aura de la difficulté à réguler sa démarche et conserver sa motivation.

Tout d’abord, lors de l’apprentissage de nouveaux concepts susceptibles de déstabiliser l’élève, par exemple la division d’un entier par une fraction plus petite que 1, le professionnel de l’enseignement peut planifier sa leçon de façon à avoir un temps de proximité avec l’élève ayant un ou des TA en mathématiques. Tout en créant un climat de confiance, il pourra soutenir l’élève dans ce nouvel apprentissage.

De plus, lors de la consolidation des apprentissages, si le professionnel de l’enseignement ne peut corriger rapidement le travail de l’élève ayant un TA en mathématiques, il peut le jumeler à un élève performant, rendre disponible le corrigé (papier ou numérique) ou utiliser des exercices offrant une rétroaction immédiate à l’ordinateur (tableur, exercices en ligne, sites dédiés aux mathématiques).

Pour connaître d’autres stratégies, cliquez ici afin de consulter Interventions factuelles pour les élèves ayant des troubles d’apprentissage en mathématiques: il n’existe pas de solution universelle.

Conseil numéro 5: Comprendre les  erreurs

La plupart des élèves, dont ceux ayant un ou des TA en mathématiques, tentent à tout prix d’éviter les erreurs. Dès qu’ils en commettent une, ils se dépêchent d’effacer et d’inscrire la bonne réponse. Malheureusement, trop souvent, ils ne comprennent pas ou ne prennent pas le temps de comprendre pourquoi leurs réponses étaient différentes, et, parfois, bonnes quand même! Les professionnels de l’enseignement peuvent tirer profit des erreurs commises par leurs élèves. Premièrement, en s’en servant pour mettre en lumière les conceptions erronées ou les processus déficients. Deuxièmement, en modelant chez les élèves des stratégies de métacognition qui leur seront grandement utiles en pratique autonome.

Pour approfondir ce sujet, cliquez ici afin de visionner le webinaire L’analyse de l’erreur en mathématiques.

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Photo de NathalieNathalie Paquet-Bélanger est spécialiste francophone des troubles d’apprentissage au sein de l’équipe TA@l’école. Elle termine une maîtrise en sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Rimouski.  Elle est titulaire d’un baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire et sociale de cette même université et d’un certificat en intégration des technologies informatiques en éducation (TÉLUQ). Elle est chargée de cours dans le domaine de l’intégration des TIC en enseignement. Elle exerce principalement en tant qu’orthopédagogue à la Polyvalente de Charlesbourg et apprécie grandement ce travail auprès d’adolescents ayant différents troubles d’apprentissage. Nathalie est très heureuse de joindre ses forces à la belle équipe de TA@l’école et de réseauter avec des enseignantes et des enseignants qui ont à cœur la réussite des élèves ayant des TA.