Comportement

Les élèves qui ont des TA peuvent travailler incroyablement fort sans obtenir un résultat à la hauteur de leurs efforts, et avec le temps, il leur devient de plus en plus difficile de continuer à essayer. Pour éviter de vivre des émotions négatives comme l’inquiétude, la colère, la frustration ou la tristesse, ils peuvent adopter des comportements inadaptés qui peuvent être nuisibles, voire dangereux. Ces comportements perçus comme de la défiance ou de l’opposition pourraient en fait être une stratégie d’adaptation par l’évitement ou destinée à cacher le découragement.

« Pour bien gérer le comportement, les éducatrices et éducateurs doivent considérer non seulement le comportement proprement dit – les agissements de l’élève – mais aussi la ou les causes à l’origine du comportement. Si les éducatrices et éducateurs se concentrent uniquement sur les agissements de l’élève et qu’ils essaient d’endiguer ce comportement, ils constateront peut-être que ce comportement est remplacé par un autre comportement inapproprié, ceci pour la bonne raison que le besoin sous-jacent n’a pas été comblé. Il est important de se rappeler que les comportements inappropriés sont généralement une réaction à une chose présente dans l’environnement de l’élève et qu’ils ne sont qu’une tentative de communiquer un besoin, non pas des marques d’agressivité volontaires ou des actes négatifs commis exprès. »

Bienveillance et sécurité dans les écoles de l’Ontario : la discipline progressive à l’appui des élèves ayant des besoins particuliers, de la maternelle à la 12e année, p. 24 [1]

Les raisons pour lesquelles un élève adopte des comportements négatifs sont nombreuses et variées. Par exemple, ce qui pourrait sembler être de l’entêtement ou de l’opposition pourrait en fait indiquer que l’élève a des TA liés à la vitesse de traitement et aux fonctions exécutives, ainsi qu’un trouble anxieux, qu’il lui faille plus de temps pour comprendre les consignes ou commencer une activité, et qu’il fige lorsqu’il fait face à quelque chose de nouveau ou d’imprévu.

En plus des TA et des problèmes de santé mentale, d’autres facteurs peuvent contribuer au comportement visible en surface, par exemple :

  • des limitations physiques telles qu’un trouble d’intégration sensorielle (trop de bruit dans la classe, etc.), la fatigue ou la faim;
  • des facteurs environnementaux tels qu’un conflit ou un changement récent à la maison, et des comportements appris;
  • des problèmes sociaux tels que l’intimidation, l’exclusion, un conflit avec des pairs.

Le comportement est souvent une manière de communiquer qu’il se passe quelque chose d’autre!

Les élèves ayant des TA peuvent communiquer quelque chose à travers leurs comportements, même s’ils n’en sont pas conscients. Pour ces élèves, les problèmes de comportement peuvent se manifester lorsque les exigences de l’environnement surpassent leur capacité de gérer un environnement particulier ou de s’y adapter.

Pour aider une ou un élève, il faut chercher à comprendre ce qui se passe « sous la surface », le message que l’élève veut communiquer par son comportement. Si le comportement semble dépasser ce qui est jugé normal ou habituel pour l’élève, observez dans quelles conditions les comportements se manifestent et essayez de répondre aux questions suivantes :

  • Que se passait-il juste avant le comportement?
  • Que s’est-il produit après le comportement?
  • Qu’est-ce qui pourrait renforcer le comportement?
  • À quelle fréquence le comportement se manifeste-t-il?
  • Combien de temps le comportement dure-t-il?
  • Quelle est l’intensité du comportement?

En cherchant des indices pour comprendre ce qui se cache sous le comportement, le personnel enseignant peut arriver à mieux comprendre le comportement et à trouver des solutions appropriées.

Rappelez-vous que la majorité des élèves VEULENT bien faire et se comportent bien s’ils le PEUVENT!

Gestion des comportements

Une gestion efficace des comportements comprend deux types d’intervention : les interventions préventives ou proactives et les interventions curatives ou correctives. Les interventions proactives visent essentiellement la création d’un milieu propice à l’enseignement, aux apprentissages et à la prévention des écarts de conduite. L’enseignant doit d’abord effectuer des interventions préventives qui incitent les élèves à adopter de bons comportements, mais par la suite, il doit mener des interventions correctives afin de réagir aux écarts de conduite. Ces deux types d’interventions sont nécessaires et complémentaires.

Pour gérer les comportements d’une manière préventive [2], l’enseignante ou l’enseignant doit :

  • établir une relation positive avec les élèves;
  • créer un environnement sécurisant, ordonné, prévisible et positif;
  • encadrer et superviser continuellement ses élèves;
  • organiser sa salle de classe;
  • utiliser des stratégies pédagogiques efficaces.

Bien qu’on doive privilégier les interventions préventives, il s’avère nécessaire également d’utiliser des interventions correctives auprès des élèves qui ont des écarts de conduite [3]. D’abord, il faut distinguer les écarts de conduite mineurs et les écarts de conduite majeurs.

Un écart de conduite mineur est un manquement aux attentes comportementales préalablement enseignées qui :

  • ne nuit pas au bon fonctionnement de la classe ni à l’apprentissage des élèves;
  • mais dérange l’élève concerné ou quelques élèves à proximité.

Un écart de conduite majeur est soit :

  • un manquement aux attentes comportementales préalablement enseignées qui nuit au bon fonctionnement de la classe, à l’enseignement et, par conséquent, à l’apprentissage des autres élèves;
  • un comportement dangereux, illégal ou illicite (violence, intimidation, drogue, vol, etc.);
  • un écart de conduite mineur qui persiste malgré diverses interventions réalisées.

Pour qu’une intervention soit efficace, il est nécessaire de déterminer, en équipe-école, ce qui est considéré comme un écart de conduite majeur; advenant un tel comportement, l’élève sera retiré de la classe puisqu’il compromet l’enseignement et l’apprentissage des autres [4].

Pour les écarts de conduite mineurs, le personnel enseignant peut recourir en premier lieu à des interventions indirectes comme : contrôler par la proximité, donner des directives non verbales, ignorer intentionnellement et renforcer de manière différenciée, etc. Si le comportement persiste, on peut opter pour des interventions directes comme : rediriger l’élève, enseigner une fois de plus le comportement attendu, offrir des choix à l’élève, appliquer des conséquences formatives, rencontrer l’élève individuellement, etc.

Pour obtenir plus d’information sur les mythes et les faits concernant la gestion des comportements, cliquez ici pour visionner le webinaire d’Égide Royer intitulé « Comment éviter d’attraper les mythes aussi facilement que le rhume ».

Aperçu du document résumant les stratégies

Cliquez ici pour accéder à un document imprimable qui résume les approches préventives et correctives de gestion des comportements.

Les écoles qui font face à des problèmes de comportement plus répandus ou qui souhaitent créer une nouvelle matrice comportementale globale peuvent lire l’article Pour développer une école bienveillante : Le Soutien au Comportement Positif (SCP).

[1] Ministère de l’Éducation de l’Ontario, 2010

[2] Evertson et coll., 2005; Knoster, 2008; Kounin, 1970; MSPBS, 2012

[3] Marzano, 2003

[4] MSPBS, 2012