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On remarque qu’un nombre croissant d’élèves du secondaire expriment des sentiments d’anxiété par rapport aux exposés oraux. Souvent, ils vont préférer recevoir un « zéro » à leur travail plutôt que de présenter. En quoi la pratique de la pleine conscience peut-elle être bénéfique pour nos élèves qui vivent de l’anxiété en lien avec cette tâche particulière ?

Troubles d’apprentissage et anxiété

Regardons d’abord le lien qui existe entre les troubles d’apprentissage (TA) et l’anxiété. L’extrait qui suit provient d’un document produit par le programme Integra, LDMH: A Handbook of Learning Disabilities and Mental Health [TASM : Guide sur les troubles d’apprentissage et la santé mentale. Ce document a été traduit par TA@l’école avec la permission d’Integra].

Les enfants et les jeunes ayant des TA vivent souvent des échecs à répétition. À l’école, ils peuvent travailler incroyablement fort sans obtenir un résultat à la hauteur de leurs efforts. Avec le temps, il leur devient de plus en plus difficile de continuer à essayer et ils vont souvent adopter des comportements perçus comme de la défiance ou de l’opposition alors qu’en fait, il peut s’agir d’une stratégie d’adaptation par l’évitement ou destinée à cacher le découragement.

Dans ce contexte, l’enfant finit par perdre son sentiment de maîtrise et a moins d’occasions de se sentir compétent dans quoi que ce soit ou d’avoir du succès. Les enfants et les jeunes ayant des TA peuvent avoir le sentiment de ne pas répondre aux attentes des autres, de décevoir leurs parents et enseignants et de ne pas faire assez d’efforts alors qu’en réalité, ils travaillent tellement fort. Tous ces facteurs peuvent engendrer des sentiments négatifs tels que l’inquiétude, la colère, la frustration et la tristesse.

En général, personne n’aime vivre des émotions difficiles. Il est donc tout à fait naturel de chercher à éviter les épreuves et la souffrance. Les enfants et les jeunes apprennent qu’il est peut‑être préférable de « mal se comporter que d’avoir l’air stupide » et peuvent passer à l’acte pour éviter la situation ou faire comme si elle n’existait pas; ils peuvent aussi s’auto-médicamenter, ou adopter des stratégies pour éviter de ressentir des émotions négatives et des stresseurs.

La pratique de la pleine conscience pour diminuer l’anxiété

Elli Weisbaum, enseignante et praticienne de l’approche de la pleine conscience à Toronto, propose quelques exercices de pleine conscience pour aider les élèves à comprendre, à maîtriser et à exprimer leurs émotions de manières plus appropriées.

La pleine conscience, c’est être conscient de ce qui se passe en soi et autour de soi.

Balayage corporel

La méthode de la pleine conscience propose plusieurs exercices pratiques que l’on peut utiliser pour maîtriser l’anxiété dès qu’elle se manifeste, comme s’arrêter un moment et suivre le mouvement de la respiration pour apaiser le corps et l’esprit, ou s’étendre pour faire un balayage corporel rapide.

Comment faire un balayage corporel ?

  • Utiliser les trois éléments clés de la pleine conscience (respiration, cloche, moment présent).
  • Faire un balayage de la tête aux pieds en déplaçant son attention sur chaque partie du corps, tout en sentant la détente s’installer.
  • Pour les élèves ayant un trouble d’attention, faites-leur placer les mains sur chaque partie du corps parcourue durant le balayage.

Une activité de ce genre procure de l’apaisement lorsque l’anxiété se manifeste, mais une pratique régulière permet d’en retirer des bienfaits durables pour faire face aux difficultés (comme parler en public).

Pratiquer le non-jugement

En plus des méthodes de respiration et de méditation, la pleine conscience nous invite à pratiquer le non-jugement envers soi et les autres. L’anxiété et la peur naissent souvent des perceptions et des jugements que nous portons sur une situation, tant à notre propre égard qu’envers les autres. En nous efforçant de devenir bienveillants envers nous-mêmes, nous réussirons mieux à calmer notre anxiété et nos peurs dans les moments difficiles.

Les exemples ci‑dessus représentent une partie du travail intérieur que l’on peut proposer aux élèves (prendre conscience de sa respiration, prendre un moment pour soi). On peut aussi encourager une certaine prise de conscience par rapport à la situation externe en approfondissant, en groupe, les éléments déclencheurs d’anxiété, qui sont indépendants de l’état d’esprit des élèves (mais représentent tout de même un aspect important).

Voici quelques questions à explorer en classe :

  • De quelle façon la tâche a-t-elle été présentée?
  • Quelle pression est associée à la tâche de parler en public?
  • Y a-t-il une façon de mieux se préparer et s’entraider en groupe durant les tâches d’exposé oral, pour qu’il soit moins intimidant de tenter l’expérience?

Ces conversations peuvent se dérouler dans la pleine conscience en pratiquant le non-jugement envers chaque personne qui parle, en écoutant avec bienveillance et compassion. On peut aussi intégrer des activités de méditation par respiration profonde. Ce sont d’excellentes façons d’appliquer la pleine conscience à la situation décrite.

Ressources pertinentes sur le site Web de TA@l’école

Cliquer ici afin d’accéder à l'article Promouvoir la compétence socio-affective par la pleine conscience.

Cliquer ici afin d’accéder à la page du webinaire Pleine conscience à l’école, comment et pourquoi?.

Cliquer ici afin d’accéder à l’article Stratégies pour appuyer les élèves ayant des troubles d’apprentissage qui éprouvent de l’anxiété.

Cliquer ici afin d’accéder à l’article Enseigner la gestion des interactions orales, un beau défi!.

Ressources supplémentaires

Cliquer ici afin d’accéder au site Web de L’Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles.

Photo de Elli WeisbaumElli Weisbaum, BFA, M.E.E. est enseignante et praticienne de la pleine conscience à Toronto. Depuis sa première retraite à l’âge de dix ans, elle se consacre cœur et âme à intégrer la pratique de la pleine conscience au quotidien. Elle est titulaire d’une maîtrise en études de l’environnement, dans le domaine de l’intégration de la pleine conscience en éducation. En 2016, elle a entrepris des études au doctorat à l’Institute of Medical Science, à la faculté de médecine de l’Université de Toronto en vue de se spécialiser en intégration de la pleine conscience dans le secteur des soins de santé. Elle suit également le programme de certificat sur la méditation de pleine conscience appliquée à l’Université de Toronto.

Elli a travaillé à l’étranger afin d’intégrer la pleine conscience dans des secteurs clés comme l’éducation, les soins de santé et le milieu des affaires, organisant des retraites et des ateliers au Bhoutan, en Inde, en Allemagne, au Canada, au Royaume-Uni et aux États‑Unis. Elle a travaillé pendant un an comme coordonnatrice du programme international pour l’initiative mondiale Wake Up Schools. Cette approche, qui vise à cultiver une approche de pleine conscience en éducation, a été créée par le chercheur, maître Zen et candidat au prix Nobel de la paix Thich Nhat Hanh. Dans son travail auprès de la communauté de Thich Nhat Hanh (Plum Village), Elli mise sur une approche globale en éducation qui l’amène à travailler de concert avec le personnel enseignant, les élèves, les parents et les administrateurs pour créer des communautés inclusives et durables. Elli a à cœur de contribuer à l’édification d’une société saine et bienveillante, et elle souhaite que son travail aide à ouvrir le chemin qui y mène. www.elliweisbaum.com